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NOUS UTILISONS MAINTENANT LE PAYS LUI-MÊME COMME SA PROPRE CARTE

Yves Buraud qui se considère comme un producteur de dispositifs géo-artistique a investi le centre d’art avec une série de “cartes”, confrontant le registre de la peinture abstraite et monumentale, à celui de l’imagerie urbaine. Ses oeuvres particulièrement critiques et effleurant l’absurde rendent compte de sa vision psycho-géographique du monde contemporain, et plus particulièrement des banlieues.

Avec un texte de Bruce Bégout et un entretien d’Yves Buraud avec Valérie Knochel Abecassis

Coédition La Maréchalerie, centre d’art contemporain et la galerie VivoEquidem.
192 pages couleur
ISBN : 978-2-9531926-9-8

 


archipel

 

 Archipel Précaire, VivoEquidem, 2013.

Quand les effets du milieu géographique – consciemment aménagé ou non – agissent directement sur le comportement affectif des individus…

Artiste plasticien et écrivain, auteur de deux ouvrages aux éditions Al Dante, Yves Buraud présente en neuf récits froids et acides une vision psychogéographique du monde contemporain essentiellement urbain. De l’enjeu politico-artistique de l’aménagement d’un rond-point (ROND-POINT) à la demande d’exclusion d’un élève d’une université d’architecture, sous prétexte qu’il appartient à « un genre intelligent  différent » (NI DIEU NI SINGE), l’auteur nous emmène à l’extrême limite du non-sens ou de l’absurde.

Le monde décrit par Yves Buraud, à la croisée de ceux de Borges, de Dos Passos et de Caroll est indéniablement fantasque et poétique. Il est cependant à l’exact opposé de l’idée d’espérance.


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Agonie-sous-Bois, éditions Al Dante, 2008.

Septembre 2005 : un jeune anonyme « étranger » (la couleur de la peau…) est renversé par un chauffard. Ce drame ordinaire ne se passe pas n’importe où, mais dans une petite ville de la banlieue parisienne, zone de la “mise à l’écart”, où la violence couve, toujours…

Cette réalité, constamment niée ou mythifiée selon les besoins du moment, Yves Buraud fait mieux que de nous la raconter : il nous donne les éléments pour la mieux comprendre, à travers ce roman sous forme de lexique… Agonie-sous-bois est le surnom donné par un journaliste à une ville de banlieue où s’est passé, le soir du 12 septembre 2005, un triste fait divers : un jeune anonyme d’origine étrangère est renversé par un véhicule qui prend la fuite. Ce fait divers banal sera à l’origine de heurts violents entre les jeunes du quartier et la police.

Plus que la énième fiction témoignant de ce genre d’événement, l’auteur s’attache ici à interroger la langue (mot, expressions, termes typonymiques, etc.) utilisée pour construire l’événement. Et, à travers ce lexique, se raconte beaucoup plus qu’un banal accident : c’est toute la vie-même des banlieues qui, petit-à-petit, s’écrit.

Nous interrompons l’ensemble de nos programmes pour vous faire part d’évènements violents vécus et écrits à A.-sous-Bois, ville située en zone dite « sensible ». Ici le lecteur croisera un inconnu agonisant sur la chaussée, un observateur nommé Raskolnikov, un ministre de l’intérieur connu de tous pour l’étendue de ses ambitions, un sous-commissaire urbain et son rival, expert en sécurité…


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Abécédaire. De « Agonie » à « Ziva ».

de ÉRIC LORET
Libération du jeudi 29 mai 2008
C’est sous forme alphabétique, de « Agonie » jusqu’à « Ziva », qu’Yves Buraud a choisi d’évoquer les émeutes de 2005 à Aulnay-sous-Bois et dans d’autres villes, en prenant pour fil rouge un accident déclencheur : une voiture que les habitants suspectent d’appartenir à la police renverse un jeune « étranger ».

On suivra, effroyablement et comiquement, le récit de sa mort aux articles « Crevard(e)(s) », « Foutu(e)(s) », « Nase(s) » et « Raide(s) » de ce lexique. Mais pour le reste, il s’agit de micro-essais politiques, de saynètes de la « Francie moisie », de citations véritables ou fantaisistes : « POLICE […]. Déf. 1° VX Gouvernement, organisation. « Tout cela n’était qu’une dictature policière » (Sir Arthur Conan Doyle). » Plutôt que de nous fourguer du romanesque lyrique, avec point de vue affecté et affectueux, Buraud s’amuse par collage, ratiocination et carambolage à dénoncer la langue fantasmatique des médias et d’un certain « ministre de la Police connu pour l’étendue de ses ambitions » : le livre a été écrit avant mai 2007. Un peu comme dans le fameux clip de Justice, Stress, on a parfois du mal à démêler les analyses de l’auteur de sa froide ironie. Ainsi, dans une série d’entrées sur les « Choses » (il y en aura une sur les « enfants », « qui craignent », « qui habitent en pavillon » ou « qui partent »), se listent les peurs sécuritaires distillées par le régime actuel : « CHOSES DETESTABLES […]. Jeux. Un mauvais élève, mauvais plaisant, mauvais mauvais, qui diffuse la vidéo d’un jeune élève tabassé par d’autres. »

Mais, au chapitre « Barbu(s) », Buraud prend cette fois des accents voltairiens pour moquer les fondamentalistes : « Fam. « Là-bas, au Ban, c’est plein de barbus. » Obs. Dans ses prières quotidiennes à Ray Ban, le barbu pratiquant est invité à remercier Dieu de l’avoir fait naître autre que singe, pou, presse-purée ou femme. » Malgré sa structure fragmentaire et abécédaire, Agonie-sous-Bois est un vrai « roman » critique et satirique, dont le personnage principal est l’espace. Dans le rôle du décor, à l’inverse, quelques fantoches comme les notables de la ville et ses techniciens du panoptisme : ainsi les « directeurs des écoles citoyennes » chargés de « repérer les enfants hyperactifs, les vols de cubes à la crèche, les caprices inopportuns ». Yves Buraud, également artiste, affichiste, a illustré ce second opus dans la veine de son Petit Atlas urbain : des images numériques grises et noires où l’humain est encagé, aliéné. Le tout est un précieux et nécessaire état contemporain des lieux.


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Petit Atlas Urbain Illustré

Editions Al Dante et Ligne Manifeste, 2005
Couverture et extraits.
Vade-mecum à l’usage des citadins et citoyens des villes contemporaines, le texte décrypte un certain nombre de notions d’urbanisme en proposant des définitions apparemment objectives, mais non dénuées d’insolence et d’humour.


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Chronic’art

Double page pour la revue Chronic’art pour la sortie du Petit Atlas Urbain Illustré.


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Paysages / Habitants

Journal distribué aux habitants de la ville de Grenay, 2004, pp.1-8.

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